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Une libération conditionnelle

La date annoncée du 11 mai 2020 pour le déconfinement : mythe ou réalité ?

En France, le Premier ministre Edouard Philippe a pris la parole ce dimanche 19 avril lors d'une conférence de presse. 

Tous les français pourraient apparemment sortir de chez eux, moyennant certaines conditions qui ne semblent cependant pas gagnées d'avance. Selon le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, spécialiste de l'immunologie, entre 10 000 et 15 000 nouvelles contaminations par jour seraient encore attendues à partir de la mi-mai.


Le président, Emmanuel Macron avait déjà déclaré dans son allocution du 13 avril : "Le lundi 11 mai ne sera possible que si nous continuons d'être civiques, responsables, de respecter les règles et si la propagation du virus a continué de ralentir".


A l'heure actuelle, nul ne peut affirmer avec certitude que la propagation du virus soit en nette régression.


Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait d'ailleurs précisé sur France Inter le lendemain de l'allocution du président :  "Ce qu'a annoncé le président, ce n'est pas le déconfinement le 11 mai, c'est le confinement jusqu'au 11 mai. Il y a des conditions pour que nous puissions déconfiner le 11 mai. C'est un objectif, pas une certitude"


C'est donc le message que continue de véhiculer le premier ministre dans son discours du 19 avril. Il annonce donc :


  • Un déconfinement progressif dans le strict respect des mesures de protection telles que le nettoyage des mains, le maintien de la distance entre les personnes.

  • Les personnes âgées et fragiles seront appelées à faire preuve de discernement, les responsables ne souhaitant pas faire de discrimination - chacun pourra être à même d'évaluer s'il peut ou non, et dans quelles conditions, sortir du confinement.

  • Une réouverture progressive des crèches et des écoles. Les universités cependant ne seraient pas rouvertes avant la rentrée de l'automne.

  • Des tests massifs de dépistages des personnes symptomatiques sont à prévoir

  • Des malades en quarantaine - pour les personnes testées positives au virus, un choix leur sera offert de se retirer soit à leur domicile ou encore à l'hôtel.

  • Le port du masque sera nécessaire pour tous

  • Le télétravail pourra être maintenu dans la mesure du possible pour tous ceux qui peuvent effectuer leurs tâches depuis un poste de travail (ordinateur).

  • Les cafés et restaurants resteront fermés - la réouverture des lieux publiques n'est pas envisagée avant un moment - Cependant, les coiffeurs pourraient éventuellement recommencer à recevoir de la clientèle. Mais un protocole pour assurer la sécurité sanitaire sera mis en place.

  • Tous les grands événements sportifs, de même que les festivals ont, pour la plupart été annulés ou reportés.

  • Un déconfinement par régions, à commencer par les régions qui ont été les premières touchées est envisagé.

  • Les frontières avec les pays non membres de l'UE resteront quant à elles fermées.


Un plan détaillé sera présenté d'ici une quinzaine de jours afin de préciser l'organisation à entrevoir pour ce déconfinement. Plusieurs acteurs en seront les développeurs. Une équipe, menée par le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon, aurait déjà commencé à récolter des informations et analyser divers scénarios. Par ailleurs, Jean Castex, maire de la ville de Prades, dans les Pyrénées-Orientales, serait en charge de conduire une réflexion sur le déconfinement et il devrait présenter ses conclusions dans les prochains jours.


Tedros Adhanom Ghebreyesus, chef de L'Organisation mondiale de la Santé craint pour sa part qu'un déconfinement trop hâtif cause une "résurgence mortelle de la pandémie" Selon lui, "Le reflux pourrait être aussi mortel que sa propagation s'il n'est pas géré convenablement". L'absence d'immunité collective est à ce titre un réel problème. D'ailleurs, nombre de médecins et épidémiologistes s'accordent pour dire que l'épidémie ne sera vaincue que si une part importante de la population a été infectée puis immunisée. Plusieurs seuils à atteindre ont été avancés allant de 50 à 70% d'une population donnée. Nous sommes actuellement bien loin de ces chiffres.


Professeur à la faculté de médecine de la Sorbonne et chef du service de parasitologie à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Renaud Piarroux expliquait quant à lui récemment que les Français, dans une grande majorité, n'ayant pas été confrontés au virus, "si l'on relâche trop vite le confinement, chaque personne infectée en contaminera plus d'une, ce qui nous confrontera à une épidémie encore plus forte qu'actuellement". Il prédit en ce sens un nombre de cas qui pourrait être multiplié par dix en dix jours.


Toutes ces informations confirment la totale incertitude quant à l'avenir d'une éventuelle libération. Une chose est certaine, si toutes les conditions sanitaires essentielles ne sont pas remplies, il n'y aura pas de déconfinement même progressif à la mi-mai.